Journée d’études. Lyon, 23 janvier 2009.

18 décembre 2008

Cette journée d’études, intitulée « Mondes à part : représentations symboliques et critiques de la mise à l’écart à l’âge classique », vise à réunir un groupe de jeunes chercheurs, pour la plupart inscrits en deuxième ou troisième année de thèse dans deux disciplines, l’histoire et la littérature française ; il s’agira d’interroger ensemble les relations entre l’individu et la norme à l’ âge classique, de penser l’écart et ses problématiques, à une période où l’homme appartient avant tout à un milieu social, à un « monde » qui se définit comme le centre et le repère autour desquels gravitent ses intérêts. Cette approche bidisciplinaire nous permettra d’explorer les modalités socio-historiques de la mise à l’écart, en même temps que leurs représentations esthétiques et littéraires. Nous nous proposerons d’analyser les problématiques et les enjeux du décentrement : comment l’éloignement du monde de référence peut aboutir à la reconstitution de valeurs nouvelles, à la reconfiguration des intérêts privés, à la reconstruction d’un « monde à part ».

Le fait de réunir de jeunes doctorants rattachés à des universités et à des laboratoires variés nous permettra de croiser des approches diverses, complémentaires, de confronter des méthodologies (entre historiens et littéraires), de nous enrichir mutuellement auprès de nouvelles problématiques.

La recherche actuelle, pour ce qui concerne l’âge classique, s’est encore peu intéressée à la question de la norme. Ce terme anachronique se traduit au XVIIe siècle par les notions de convenance, d’« à propos », de bienséance, dans des domaines variés, tant sociologiques et « mondains » (on pense à l’idéal de l’honnêteté qui s’érige dans les années 1620-1630), que politiques ou encore littéraires et esthétiques (comme le prouve l’exemple des règles qui s’instaurent au théâtre à partir de 1637 et de la Querelle du Cid). L’étrangeté, la bizarrerie, l’écart, jugés à l’aune du critère des usages et des codes en vigueur, demeurent une question ouverte, dont les enjeux n’ont pas encore été explorés dans toute leur complexité. Plusieurs axes de recherche seront donc analysés au cours de cette journée : dans son sens le plus concret, le « monde à part » sera défini en tant qu’espace géographique, à travers les thématiques de l’exil et de la disgrâce. Nous serons ainsi amenés à nous interroger sur les rapports entre le monde familier que l’on a quitté et l’univers « à part » que l’on recrée. Mais le terme monde évoque aussi, pour le penseur de l’âge classique, l’adjectif mondain et le lieu de sociabilité par excellence qu’il qualifie, à savoir le salon, centre de la sociabilité : certains intervenants étudieront ainsi des exemples de renoncement et de décentrement par rapport à ce lieu de vie sociale (qu’il s’agisse d’une rupture volontaire ou au contraire provoquée). D’un point de vue plus abstrait et métaphorique, le « monde à part » sera également défini comme espace intérieur de l’intime, et même comme espace mental pathologique dans le cadre de la folie.

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